Festival « Au bonheur des mômes » au Grand-Bornand

festival-au-bonheur-des-momes-5

J’étais déjà amoureuse de ce festival avant d’y assister. J’aurais pu être déçue ou avoir placé la barre trop haut. Mais non, mon instinct ne m’avait pas fait défaut, tous les ingrédients que j’espérais, que j’attendais étaient bien présents : la magie, la montagne, l’enfance, la douceur, la tendresse et des spectacles merveilleux et qui ne prennent pas les minus pour des demeurés. Et bien sûr, les principaux intéressés, à savoir le Minus et la Missnuscule ont également passé un séjour enchanteur.

Lâche tes écrans, viens voir du vivant !
  • C’est où et c’est quand ?

Le festival « Au bonheur des mômes » a lieu au Grand-Bornand en Haute Savoie. Le Grand-Bornand (ou Grand Bo pour les intimes) est un village de montagne situé à une trentaine de minutes d’Annecy. Accessible en train, en avion via Genève ou tout simplement en voiture. La station vit évidemment à 100 % en hiver mais également en été. Je vous parlerai de toutes les activités que les minus peuvent faire là-bas en parallèle du festival dans un autre article. Le festival se tient tous les mois d’août et cela depuis 25 ans.

festival-au-bonheur-des-momes-16

  • C’est quoi ?

Le festival « Au bonheur des mômes » s’adresse, comme son nom l’indique, aux minus. En très peu de temps, il est devenu un des plus grands et des plus renommés festivals de théâtre pour minus d’Europe. A l’heure actuelle, c’est plus de 80 000 festivaliers qui se pressent chaque année au Grand-Bo pour retrouver les spectacles et l’esprit auxquels ils se sont attachés. Un public d’habitués donc, souvent, venu de France mais également des pays voisins et principalement composé de familles qui viennent pour la journée ou la semaine. Attention, malgré ce succès, le festival reste à taille humaine et je n’ai jamais eu l’impression d’être oppressée par une foule (c’était une de mes craintes). Le village est grand et la montagne offre un terrain de jeux parfait pour disperser les activités et les lieux d’animation. Une grande attention est d’ailleurs accordée par les organisateurs au bien-être des vacanciers et des minus. Malgré l’envergure prise par l’évènement, tout est mis en place pour conserver l’esprit de départ et rendre les déplacements aisés et les temps d’attente les plus courts possibles. Ici, pas de course au profit, pas de précipitation, pas de souci de rentabilité, on est vraiment dans le plaisir et dans le qualitatif. Il m’arrive pourtant souvent de découvrir un lieu ou un projet entouré des intentions les plus louables, en tous cas, en apparence, de me laisser un peu bercée par le beau discours de départ et puis de me rendre compte que, derrière les belles paroles, se cache souvent, disons le franchement, une pompe à fric. Rien de tout cela « Au bonheur des mômes »… Je ne sais pas comment ils ont réussi ce tour de force mais à aucun moment, je n’ai eu le sentiment que mes minus ou moi-même étions pris pour des portefeuilles ambulants. Bien sûr, certaines animations qui viennent se greffer sur le festival, coûtent un peu cher (le manège, les petites voitures de rallye ou le poney) mais il est encore possible de les éviter au profit d’autres, gratuites. De nombreux jeux et ateliers sont en accès libre, la moitié de la programmation est gratuite et les tarifs vont de 2 à 15 euros pour les spectacles et ateliers payants.

Quelques chiffres quand même pour vous donner une idée de ce que cela représente. Le Festival aujourd’hui c’est, sur chaque édition :

– 80 000 festivaliers
– 90 compagnies françaises et étrangères
– 450 représentations gratuites ou payantes
– La moitié de la programmation gratuite
– Des spectacles à partir de 18 mois
– 30 lieux de spectacle dont 15 en salles, avec des jauges de 15 à 550 places
– 30 ateliers participatifs à partir de 3 ans
– 1 centre du village consacré aux jeux en bois insolites de la compagnie des Festijeux
– 350 m2 dédiés à la lecture sous toutes ses formes : la Tente à Lire
– 1 prix littéraire jeune public remis durant le festival : le prix de la Vache qui lit
– 26 000 places de spectacle vendues et un taux de remplissage de 98%
– 150 programmateurs français et étrangers
– 350 équipiers à la technique, la logistique ou l’accueil du public.

  • Et les valeurs (bordayl) ?

Ben oui, parlons un peu des valeurs parce que je dois bien vous avouer que malgré le cadre enchanteur, malgré cette montagne que j’aime et malgré tous ces chiffres que je viens de vous asséner, ce qui m’a touché en plein cœur c’est l’âme de ce festival. Elle correspond très exactement à ce qui me touche tellement dans l’enfance, elle est parfaitement en adéquation avec la magie des minus. La solidarité, le partage, la magie, la découverte, la tolérance sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Les spectacles proposés ne s’abaissent pas au niveau des minus, ils s’y hissent. Les minus, même les plus petits, sont pris pour des interlocuteurs à part entière, intelligents et ouverts, ils sont bien souvent spectateurs mais également acteurs du festival (on y reviendra). Une place importante est accordée à l’écologie et à des réflexions de société comme la question de la différence.

Évoquer des sujets plus sérieux sans se prendre au sérieux, sensibiliser – par le biais de moyens adaptés – le jeune public aux enjeux de notre société comptent aussi parmi les priorités du Festival.
  • C’est beau comment, dis ?

C’est beau du genre très beau, très, très beau, du genre préservé, du genre coloré, du genre un peu fou et déjanté. Le soleil était de la partie toute la semaine cette année, ce qui a sans doute contribué à cette impression de sérénité et de joie mais je pense que les organisateurs ont plus d’un tour dans leur sac pour faire face à une météo plus morose. Le paysage est spectaculaire, les lieux sont préservés et les plus petits ne savent plus très bien où donner de la tête tant il y a de choses à voir et à découvrir. Mais, bon, le beau étant finalement une affaire assez subjective, je préfère vous laisser vous faire votre opinion à travers quelques photos.

festival-au-bonheur-des-momes

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

festival-au-bonheur-des-momes-14

festival-au-bonheur-des-momes-8

festival au bonheur des mômes

Les lieux où sont organisés les spectacles et les animations sont assez variés et tout est accessible à pied, en poussette (ou en télécabine pour la salle située en altitude). Le centre du village est évidemment un endroit névralgique où vous retrouverez les jeux en bois, un chantier et un marché grandeur nature qui ont rendu folle la Missnuscule, l’Office du Tourisme où vous pouvez trouver plein d’infos et des billets pour les spectacles, le manège (le même qu’aux Plaisirs d’Hiver pour les bruxellois) des restaurants et la Tente à Lire où nous avons passé également de supers chouettes moments à lire tranquillement des bouquins (mis à disposition) aux minus. Le village nomade, un peu plus loin, qui accueille des spectacles sous chapiteau et qui est le point de départ des spectacles en déambulations. Le pré aux vaches, un peu plus excentré, plus vert, plus aéré, avec des salles d’une capacité de 40 à 500 places et plein d’animations pour les touts-petits et de points de restauration sympas et pas chers. Les restaurants de la station pratiquent les prix qu’ils désirent mais le festival en lui-même met aussi à disposition un bar à jus de fruits, un bar à yaourts de ferme et des sandwichs à des prix imbattables !!!

festival-au-bonheur-des-momes-13

La Missnuscule a passé des heures à peindre en plein air dans l’espace aménagé pour les petits et l’installation sonore qui se trouvait là-bas était assez exceptionnelle également.

festival-au-bonheur-des-momes-10

festival-au-bonheur-des-momes-9

Enfin, depuis 2003, une scène a également vu le jour dans les alpages. Ainsi, en prenant la télécabine du Rosay, le public peut se rendre Tout Là-Haut, Là-Haut dans la Montagne pour assister à des spectacles en salle ou sous chapiteau. C’est le lieu que j’ai préféré car il y a quelque chose de magique à profiter d’un merveilleux spectacle dans les alpages.

  • Et les spectacles ?

Ben, les spectacles, ils étaient chouettes, vraiment ! Une ou deux déceptions bien sûr (pas toujours partagées par les minus d’ailleurs), plein de belles découvertes et quelques coups de cœur… C’est difficile, évidemment, de vous parler des spectacles. Un spectacle, ça se vit, ça se ressent et ça supporte en général assez mal le passage en mots. Juste vous dire, peut-être alors, en préambule, qu’il y a quand même une ligne directrice dans la programmation, des invariants que l’on retrouve dans quasi tous les spectacles : la volonté de ne pas prendre les minus pour des idiots, un grain de folie, de le tendresse (beaucoup), de la poésie, des moyens pas énormes (on n’est pas à Disneyland) et l’envie de faire découvrir des choses nouvelles aux festivaliers. Les artistes viennent de France mais également du monde entier certains sont déjà reconnus et d’autres font leurs premières armes « Au bonheur des mômes ». Même si je ne sais pas si vous aurez l’occasion de les voir un jour, j’ai quand même envie de vous parler un peu des deux performances qui m’ont le plus séduite (et validées par le minus aussi). N’hésitez pas à aller voir le planning de leur tournée ou à jeter un œil à leur travail sur internet.

– Mon best of the best, mon top du top : « Marcellin Caillou » d’après Sempé créé par les Ateliers du Capricorne. C’est un pur ravissement. Le dispositif (assez original) est une grande feuille blanche sur laquelle apparaissent décors et personnages au fil du conte. Porté par une bande sonore parfaite et une conteuse hors pair, nous avons passé une petite heure magique. Le Minus a été transporté par cette histoire d’amitié entre Marcellin Caillou (qui rougit tout le temps) et René Rateau (qui, lui, éternue à tout bout de champs).

festival-au-bonheur-des-momes-7

– « Moun porté par l’écume et les vagues » par le Gioco Vita Teatro. Une merveille ! Un théâtre d’ombres à couper le souffle. « Les parents de Moun pensent que leur pays, en proie à la folie de la guerre, n’offre désormais plus aucun futur. Par un acte désespéré, ils décident de confier leur fille unique à la mer afin de la sauver et dans l’espoir que, loin de la guerre, elle aura une vie meilleure. Moun est une histoire dont les thématiques sont très fortes – l’abandon, l’adoption, la nostalgie et la construction de soi – empreinte toutefois d’une grande sérénité ».

Résultat de recherche d'images pour "Moun portata dalla schiuma e dalle"

 

Attention, le festival ne doit pas non plus devenir un marathon. Il y a énormément de spectacles, tous les jours, plusieurs en même temps et de 9 à 21h. Il n’est donc pas question de courir après le temps et d’oublier le plaisir de le prendre. Il est important de préparer son festival (notamment en réservant ses billets en ligne bien à l’avance), de faire des choix et d’organiser ses journées en laissant des temps de respiration. Nous assistions généralement à deux spectacles par jour ce qui nous a permis de profiter du reste des activités proposées.

Les spectacles sont destinés aux minus d’environ 18 mois jusqu’environ 12/14 ans. Il y a toutes sortes de représentations : intimistes, théâtre de marionnettes, concert de rock (le soir), performances, spectacles musicaux, déambulation dans les rues, mimes, clowns, participatif etc….

festival-au-bonheur-des-momes-15

festival au bonheur des mômes

festival-au-bonheur-des-momes-12

 

  • Et les ateliers ?

Cette année, au mois de juillet, lorsque la liste des ateliers proposés est parue sur le site du festival, j’ai failli embrasser mon écran ! Quel choix, quelle intelligence dans les propositions, j’avais envie d’avoir à nouveau six ans pour pouvoir partir avec des guides de montagne construire des barrages dans la rivière, prendre des cours de cirque ou d’improvisation théâtrale, créer des jouets en bois, étudier les traces d’animaux en haute montagne ou passer une journée dans la peau d’un petit fermier. Les ateliers sont payants (mais prix démocratique) et il est essentiel de les réserver à l’avance. Il y en a, comme vous le voyez, pour tous les âges et pour tous les goûts. Mention spéciale à l’atelier « petit reporter » qui s’adresse aux journalistes en herbe dès 11 ans. Ce sont eux qui vont réaliser de A à Z le journal quotidien du Festival. Dans le même esprit, l’atelier « petit croqueur » invite les dessinateurs dès 11 ans à croquer sur le vif les meilleurs moments du festival, et a consigné leurs souvenirs dans un carnet de voyage.

Et bien, je me rends compte en me relisant que mon enthousiasme m’a débordé et que cet article commence à être vraiment long. Je me propose donc de vous parler des possibilités d’hébergement et des autres activités organisées en été au Grand-Bornand dans un prochain article. J’espère avoir pu vous transmettre le plaisir que nous avons eu à participer à cet évènement extraordinaire et je vous invite à aller vous rendre compte de tout cela sur place, l’année prochaine, pour la 26ème édition du Festival. Vous ne serez pas déçus, je vous en donne ma parole.

A bientôt…

Maud Rendez-vous sur Hellocoton !
9 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *