La nouvelle maison…

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Depuis trois mois, nous avons dit adieu à notre ancien nid (enfin pas tout à fait adieu malheureusement puisqu’il n’est toujours pas vendu) pour prendre nos quartiers d’hiver, d’été et d’oranges dans la nouvelle maison. Elle n’est ni de maître, ni de passage, non, c’est une maison de famille où l’on vieillit, construit et profite du temps qui passe et qui fait grandir les minus. Les anciens propriétaires y ont vécu une trentaine d’années, s’y installant avec des minus du même âge que les nôtres et la quittant pour aller chercher un peu de soleil en Italie pour profiter de leur pension.

Depuis trois mois, nous prenons possession des lieux, changeons la décoration pour qu’elle colle plus à notre style et nos goûts. Oh, rien de colossal, elle ne nécessitait pas de gros travaux mais assez pour qu’elle perde petit à petit les stigmates de sa vie d’avant et se dessine à notre image. Un rideau en moins par ici, un tableau par là, par petites touches, nous nous approprions ces pièces vides et ces murs blancs. C’est à la fois enivrant et fatiguant, le bonheur d’une page blanche à écrire, d’une partition de musique à inventer avec, évidemment, les petits tracas qu’une installation et un déménagement suscitent. Les caisses les plus importantes, celles qui renferment nos trésors et nos chandails, leurs livres et nos photos, nos assiettes et nos bibelots, sont ouvertes, les autres se font oublier dans l’énorme cave, sommeillant en attendant que j’aie le courage de les ouvrir.

Depuis trois mois, les minus prennent leurs marques. Émerveillés par la taille de leur chambre (surtout le Minus), la présence d’un jardin et la chaleur des pièces de vie, ils se sont adaptés étonnamment vite. Il n’y a pour ainsi dire pas eu de phase d’adaptation d’ailleurs. Du jour au lendemain, c’était chez eux, chez nous et c’est très bien comme ça. Pas de nostalgie, pas d’angoisses, pas de regard en arrière, c’est le privilège des minus de vivre ce genre d’évènements avec la sagesse de Bouddha. Pour peu que livres, jouets, affiches et doudou aient repris leur place plus ou moins habituelle (ce dont nous nous étions assurés avant leur arrivée), le reste n’a que peu d’importance.

Depuis trois mois, ils courent dans les escaliers, passent d’une chambre à l’autre en riant, dessinent à la craie sur la terrasse (quand le temps le permet), charment l’épicier du coin, s’enthousiasment de la proximité d’un mini Delhaize (« c’est pratique hein maman »), offrent des chocolats aux voisins et se lovent dans le canapé. Le reste n’a pas changé : une lampe allumée dans le couloir pour chasser les monstres la nuit, les bains à deux avec de l’eau qui éclabousse partout, le frigo dévalisé au retour de l’école et de la crèche, les petits pas dans le couloir le matin, les bouches au chocolat et les bisous du soir.

Depuis trois mois, nous écrivons ensemble une nouvelle page. Tout n’est pas encore organisé, il y a encore du boulot à faire dans la maison pour qu’elle nous ressemble tout à fait mais nous avons le temps et rien ne presse. Elle est, pour le moment, le témoin d’une vie à 100km/h que j’aimerais ralentir un peu, parfois. Il y a des allées et venues, des amis qui passent, qui logent ou restent juste la soirée, des minus qui rient, des fesses à moitié posées sur la chaise tant on est pressé de faire autre chose, des « dépêche-toi » qu’on regrette à peine dits, des passages de relais quand lui rentre et que je pars et des invitations qui se multiplient. La maison s’ébroue après quelques années un peu plus calmes, pas mécontente de toute cette agitation. Promis, on va se calmer, se poser, cocooner, passer des journées en pyjama, des après-midi dans ton jardin et quelques heures à ranger… Promis…

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