La chronique littéraire de Magnus…

9 octobre 2014 0 No tags

Magnus est beau, gentil, s’occupe bien des minus et en plus il est intelligent et cultivé. Si je vous jure…(mais je vous rassure, il oublie tout et a une tendance Gaston Lagaffe parfois pénible). Bref, Magnus lit des livres, beaucoup de livres, il fait même partie d’un club de lecture (je vous jure, en plus du tennis et du basket). Et donc, Magnus a décidé d’écrire une chronique littéraire sur mon blog. Je vous avoue qu’il ne m’a pas vraiment demandé mon avis mais je trouve quand même que c’est une bonne idée (même s’il est malpoli). Bon, en même temps, vous allez voir que c’est comme moi avec mes Up&Down (en pire), Magnus a une conception toute personnelle des deadlines, du temps et des délais donc cette chronique littéraire reviendra quand elle voudra… Mais réjouissons nous déjà de lire la première, je vous laisse entre les mots experts de Magnus…

J’aimerais vous parler aujourd’hui de deux de mes dernières lectures. Deux ouvrages que tout oppose : le format, le type de couverture, le genre et finalement le plaisir (ou pas) que j’ai pris à les lire…

Tout d’abord, ‘Il est de retour’ de l’écrivain allemand Timur Vermes. Ce qui frappe immédiatement, évidemment, c’est sa couverture magnifique. On reconnaît tout de suite cette sinistre coiffure avant de se rendre compte que le titre de l’ouvrage vient faire office de tout aussi sinistre moustache… on a envie de le prendre en mains, on le retourne pour lire le quatrième de couverture : références à Chaplin, Borat et Shalom Auslander, 1,5 million d’exemplaires vendus, traduit en 35 langues etc. etc.

Un pitch génial également : Hitler se réveille en uniforme dans un terrain vague en Allemagne en 2010 et ne peut que déplorer les changements observés : le pays est gouverné par une femme, les Turcs ont envahi Berlin et il ne reste plus rien de la gloire et de la grandeur du parti nazi.

Morceaux choisis :

– Vous n’avez pas de passeport ? Pas de papiers d’identité ? Comment ça se fait ?
– [Hitler] Je n’en ai jamais eu besoin.
– Vous n’êtes jamais allé à l’étranger ?
– Si bien sûr. En Pologne, en France, en Hongrie…
– Oui, mais ce sont tous des pays de la Communauté européenne…
– J’étais aussi en Union soviétique.
– On peut aller là-bas sans passeport ?
Je réfléchis un instant.
– Je ne me souviens pas que quelqu’un me l’ait demandé, répondis-je de façon calme
– Étrange… Et les États-Unis – vous n’avez jamais été en Amérique ?
– J’en avais la ferme intention, dis-je cette fois sur un ton indigné, mais malheureusement, j’ai eu un empêchement…. 

– Oui, mon Fürher ! Bon, on fait quoi maintenant ?
– Montrez-moi d’abord comment on utilise ce poste de télévision. Ensuite vous enlèverez celui qui est sur votre bureau. Vous n’êtes pas payée pour regarder la télévision. Et nous avons besoin d’une vraie machine à écrire pour vous. Pas n’importe quelle machine, il faut des caractères antiqua de taille 4. Tout ce que vous écrirez pour moi, vous l’écrirez en laissant un espace d’un centimètre entre les lignes. Sinon, je suis obligé de mettre des lunettes pour lire.
– Je ne sais pas me servir d’une machine, dit-elle, je sais seulement me servir d’un PC. Et si vous me l’enlevez, je ne peux plus rien faire. Mais d’abord il faut savoir qu’avec un ordinateur vous avez toutes les polices dont vous avez besoin.
– Pour la police, j’ai déjà la Gestapo.

Mon regard fut attiré par une femme visiblement atteinte de démence, qui longeait cet espace vert en tenant un chien en laisse et était sur le point de ramasser ses déjections. Je me demandai si cette folle avait déjà été stérilisée, avant de me dire qu’elle n’avait guère de valeur représentative pour l’Allemagne.

Donc a priori que du bon… Seulement voilà, passées les 100 premières pages (qui sont un vrai petit plaisir il faut l’avouer…), le livre se traîne en longueur à un point tel que, chose rarissime, je n’ai pas fini le bouquin. Pas eu la force de me coltiner les 100 dernières pages à attendre quelque chose que je sentais qui n’arriverait jamais…

Cela dit, le début du roman, écrit à la première personne du singulier – on est donc dans la peau d’Hitler, expérience tout à fait particulière – vaut vraiment le détour notamment pour la description de son réveil mais aussi pour ses observations, ses interrogations, ses découvertes et ses critiques acerbes sur l’Allemagne du XXIème siècle…  Une impression tenace, cependant, qu’avec une aussi bonne idée de départ, l’auteur aurait pu faire beaucoup beaucoup mieux…  Grosse déception donc pour ce livre grand format au prix -symbolique- de 19,33 euros.

Le deuxième ouvrage dont je voudrais vous parler aujourd’hui est ‘J’aurais préféré vivre’ de Thierry Cohen. Au niveau de la couverture, le choix est diamétralement opposé : image mièvre, fleur bleue, d’un couple se tenant par la main au bord de la mer avec en arrière plan une horloge représentant le temps qui passe…  Beurk ! Dégueu comme dirait le Minus (ça y est j’ai réussi à le placer dans l’article)… Ça ne donne vraiment pas envie, en tout cas à moi.

Et pourtant… vous auriez vraiment tort de  vous arrêter à ce détail. D’ailleurs le pitch est assez alléchant :

Le 8 mai 2001, jour de ses vingt ans, Jeremy se suicide. Victoria, la femme qu’il aime, l’a rejeté. Le 8 Mai 2002, il se réveille près de Victoria, folle d’amour pour lui. Est-il vraiment mort ? Jeremy devient alors le spectateur d’une vie qui lui échappe. Une vie étrange, dans laquelle sa personnalité est différente, change, évolue, l’inquiète. Au fil des jours et des réveils, Jeremy va dérouler le fil d’un destin qu’il n’a pas choisi… le sien.

Intriguant non ? J’ai littéralement avalé ce livre, 220 pages ingurgitées en moins de 24 heures. Ca ne m’était plus arrivé depuis belle lurette de ne plus arriver à fermer un bouquin, de vouloir toujours aller plus loin, en savoir en peu plus, tout en regrettant quelque part de se diriger inexorablement vers la fin… Ca n’aurait pu être qu’une banale histoire d’amour, un roman à l’eau de rose comme tant d’autres mais on est à mille lieues de cela ! Y a un petit air de ‘Memento’ dans cette histoire, vous connaissez ? Ce thriller de Christopher Nolan sorti en 2000 où le personnage principal, souffrant d’une forme rare d’amnésie, s’est tatoué sur le corps tout un tas d’informations qu’il ne veut surtout pas oublier. Si vous ne l’avez pas vu, foncez ! (et essayez de m’expliquer la fin, c’est toujours pas très clair dans mon esprit J…)

A la décharge de la maison d’édition, l’ouvrage, toujours en format poche, est paru avec une autre couverture, beaucoup plus réussie selon moi… 

Morceaux choisis :

Je me souviens avoir un jour entendu un religieux dire qu’un homme a trois chances successives de se construire. Tout d’abord, avec l’aide de ses parents. S’il n’y parvient pas, sa femme lui offre une autre chance de sortir de sa condition d’homme léger, égoïste, immature. S’il échoue, alors ses enfants deviennent son ultime recours. Après… il est foutu.

L’enfer c’est la conscience de nos erreurs, sans possibilité de réparation.

Le conseil du jour donc : ne vous laissez pas abuser par les belles couvertures (et inversement) ! J’aime d’ailleurs beaucoup l’initiative de ce libraire qui a décidé de recouvrir tous ses livres pour que ceux-ci ne soient pas jugés d’après leur couverture. Bonne idée, non ?

Voilà c’en est tout de cette première chronique. J’espère qu’elle vous aura plu. Si par hasard la lecture de ce texte devait vous conduire à lire un des deux livres n’hésitez pas à venir poster un petit commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé… J’essaierai de rédiger une chronique mensuelle, voilà c’est dit, reste plus qu’à s’y tenir. Enfin bon, comme le dit si bien le politique, les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! 😉

Magnus

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