La maison de mon enfance…

Dans la maison de mon enfance, il y a des livres, partout, plein, dans tous les recoins. Des livres pour rire, apprendre, pleurer, se questionner… Des romans, des essais, des recueils de poésie, des livres qui racontent des histoires et d’autres l’Histoire. Des journaux, ouverts un peu partout, que l’on n’a pas fini de lire ou dont on a découpé un article pour le partager; et les chaussettes du grand-marrant qui traînent, presque aussi nombreuses que les journaux.

Dessin-maison

Dans la maison de mon enfance, il y a presque toujours des chiens… Un, deux, même trois à une époque … De bons gros chiens qui cherchent à monter sur le canapé et attendent l’heure de la promenade. Il y avait aussi, par intermittence, les canaris de mon oncle (en fait c’était mon grand-oncle mais ça fait trop long) et toute la smala qui venait passer quelques jours dans la capitale. Il y a des rires, des chansons, des éclats de voix et beaucoup d’amour.

Dans la maison de mon enfance, il y a une chambre au dernier étage qui a accueilli toutes les brebis égarées du secteur : une réfugiée chilienne fin des années 70 , des étudiants japonais, des copines en rupture familiale et des potes de passage. Il y a souvent des amis d’ailleurs, autour de la grande table pour profiter d’un bon repas et s’embarquer dans de longues discussions. Le frigo est toujours plein et la cave est bonne.

Dans la maison de mon enfance, comme dans la plupart des maisons, il y a des linges à repasser qui s’entassent, un garage pas rangé, des armoires qui débordent et quelques ampoules à remplacer. Au mur il y a des tableaux, beaucoup de tableaux et des photos partout. Des photos de ceux qui sont partis, de ceux qu’on aime et puis surtout de ceux qui viennent d’arriver… Une grande télé vexée de ne pas être souvent allumée et des cd’s pour faire danser les minus sur des airs de jazz.

Dans la maison de mon enfance, depuis quelques années, l’enfance est revenue repeuplant les pièces de jeux, de livres (encore), de chaise haute, de doudous et de biscuits qui effacent les larmes. Devant la maison, il y a une grosse voiture dans laquelle s’entasse pêle-mêle les amis, les chiens, les minus, les valises et les sièges-autos des enfants dont on a jamais très bien compris  comment les enlever et les remettre… Il y a des albums de souvenirs, des lettres, quelques secrets et des mots doux…

Dans la maison de mon enfance, il y a des souvenirs, mes souvenirs, un peu (beaucoup) de moi et d’eux. J’en connais et j’en chéris chaque pièce. J’aime y retourner pour une heure ou une journée. Certes, je n’aimerais pas y habiter mais quand je téléphone aux grands-marrants, c’est « maison » qui s’affiche sur mon portable. Lorsque nous quittons le nid, quand nous fondons une famille ou plutôt prolongeons la nôtre d’une  branche supplémentaire, nous investissons une nouvelle maison qui deviendra un jour celle de leur enfance. On change de maison mais on n’oublie pas d’où l’on vient ni les ingrédients nécessaires à faire pousser de beaux minus : un zeste de folie, une bonne dose de non conformisme, des chiens, des amis et des valeurs à transmettre.

Dans la maison de mon enfance, il y a les grands-marrants qui lisent un livre à mes enfants…

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4 Commentaires
  • Seb Delaunoy sur Facebook
    janvier 12, 2015

    Très sympa comme article !

  • Gem GM sur Facebook
    janvier 13, 2015

    Elle est vendue depuis dix ans mais pour moi elle est figé dans le temps

  • melissa
    novembre 15, 2016

    bonjour,
    L’illustration de votre article est elle de vous ?
    Je souhaiterais l’utiliser pour illustrer la couverture de la page facebook de mon association .

    • Maud
      novembre 15, 2016

      Bonjour Mélissa,
      Le dessin n’est pas de moi et il est libre de droit sur google donc je pense que vous pouvez l’utiliser.
      Bonne journée

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